SMOP (ex-SOPK) et fertilité : comprendre le diagnostic, les 4 types et ce qui aide vraiment
SMOP (ex-SOPK) et fertilité : nouveau nom, diagnostic, 4 types, ovulation et leviers qui aident vraiment. Les repères des recommandations internationales 2023.
Écrit et validé par le comité scientifique de Nina, le 14/10/2026
10 min de lecture · Sources citées en fin d’article
Sommaire
1. Le SOPK s’appelle désormais SMOP
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a changé de nom en mai 2026. Il s’appelle désormais syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Ce nouveau nom est issu d’un consensus international publié dans The Lancet, après la consultation de plus de 14 000 patientes et professionnels et de 56 sociétés savantes et associations.[1]
Pourquoi changer ? Le mot « polykystique » est trompeur : il ne s’agit pas de kystes, mais de follicules restés immatures. Le nouveau nom rappelle que le syndrome touche aussi le métabolisme et plusieurs hormones, et pas seulement les ovaires.[1] Les deux noms vont coexister jusqu’en 2028.[1] Les critères de diagnostic, eux, ne changent pas.[1]
Le SMOP concerne 6 à 13 % des femmes, de l’adolescence à la ménopause, selon l’Assurance Maladie.[2] C’est la première cause d’infertilité liée à l’ovulation.[2]
2. Comment le diagnostic est posé
Chez l’adulte, le diagnostic repose sur au moins 2 des 3 critères suivants, une fois les autres causes possibles écartées :[3]
| Critère | En pratique |
|---|---|
| 1. Cycles irréguliers ou absence d’ovulation | Cycles de moins de 21 jours ou de plus de 35 jours, ou moins de 8 cycles par an[3] |
| 2. Excès d’androgènes (hormones dites « masculines », présentes chez toutes les femmes) | Signes visibles (pilosité excessive, acné, chute de cheveux) ou taux élevés dans une prise de sang[3] |
| 3. Aspect particulier des ovaires | À l’échographie, 20 follicules ou plus dans au moins un ovaire. Chez l’adulte, un dosage de l’AMH élevé peut remplacer l’échographie[3] |
Avant de conclure, le médecin doit écarter d’autres causes qui donnent des signes proches : un trouble de la thyroïde, un excès de prolactine ou une forme particulière d’anomalie des glandes surrénales.[3]
Chez les jeunes filles, l’échographie et l’AMH ne sont pas recommandées pour le diagnostic dans les 8 années qui suivent les premières règles.[3]
3. Les 4 types de SMOP
Comme le diagnostic repose sur 2 critères sur 3, toutes les femmes n’ont pas le même SMOP. Selon les critères présents, on distingue 4 types, appelés « phénotypes » et notés de A à D. Un panel d’experts des National Institutes of Health américains recommande de préciser systématiquement le type, en consultation comme en recherche.[4]
| Type | Excès d’androgènes | Cycles irréguliers / pas d’ovulation | Aspect des ovaires | À retenir |
|---|---|---|---|---|
| A | ✓ | ✓ | ✓ | Forme « complète » : les 3 critères sont présents |
| B | ✓ | ✓ | — | Forme dite « classique », sans l’aspect typique des ovaires |
| C | ✓ | — | ✓ | Forme dite « ovulatoire » : l’ovulation est le plus souvent conservée |
| D | — | ✓ | ✓ | Forme sans excès d’androgènes |
Pourquoi c’est utile : les types A et B, les plus fréquents en consultation, sont aussi ceux qui s’accompagnent le plus souvent de troubles du métabolisme, comme une résistance à l’insuline.[5] Pour la fertilité, ce qui compte le plus est la présence ou non d’ovulations régulières, ce qui différencie notamment le type C des autres.
4. D’où vient le SMOP ?
On ne connaît pas encore toutes les causes. Ce que l’on sait :
- Une origine multifactorielle, qui mêle des facteurs génétiques et environnementaux. Le surpoids et d’autres facteurs d’environnement semblent aggraver une prédisposition génétique.[4]
- Une part génétique : une vingtaine de gènes de prédisposition ont été identifiés, mais ils n’expliquent qu’une petite partie des cas. Avoir des antécédents familiaux augmente le risque.[2]
- Les androgènes jouent clairement un rôle dans le mécanisme du syndrome.[4]
- Les perturbateurs endocriniens pourraient jouer un rôle, mais ce n’est pas prouvé à ce jour.[2]
Autrement dit : le SMOP n’est ni de votre faute, ni le résultat d’un seul comportement.
5. Fertilité : tout se joue sur l’ovulation
Pour qu’une grossesse soit possible, il faut avant tout ovuler, c’est-à-dire qu’un ovocyte soit libéré, et que des rapports aient lieu pendant la fenêtre fertile, les quelques jours qui précèdent l’ovulation. Voir notre article comprendre sa fenêtre fertile.
Avec un SMOP, les ovaires ne libèrent pas un ovocyte chaque mois.[6] Mais « pas chaque mois » ne veut pas dire « jamais ». Deux points importants :
- On peut ovuler sans avoir eu ses règles récemment. L’ovulation a lieu 10 à 16 jours avant les règles qui suivent.[7] Après plusieurs mois sans règles, une ovulation peut donc survenir, et une grossesse commencer, avant même le retour des règles.
- À l’inverse, avoir des saignements ne prouve pas qu’on a ovulé. En cas de doute, le médecin peut confirmer l’ovulation, par exemple par un dosage de progestérone en deuxième partie de cycle.[8]
6. SMOP et grossesse
Avec un SMOP, le risque de grossesse arrêtée (fausse couche) est plus élevé, comme celui de certaines autres complications de la grossesse. Les recommandations internationales indiquent en revanche que la PMA n’ajoute pas de risque supplémentaire de grossesse arrêtée par rapport aux femmes sans SMOP.[3] Un suivi adapté pendant la grossesse est donc important.
7. Ce qui aide vraiment
L’hygiène de vie, pour toutes
Les recommandations internationales conseillent une intervention sur l’hygiène de vie (activité physique, seule ou associée à une alimentation adaptée) à toutes les femmes avec un SMOP, pour la santé métabolique. Elle apporte des bénéfices même sans perte de poids.[3] Voir notre plan en 90 jours et les petits gestes qui comptent.
Les traitements pour déclencher l’ovulation
| Traitement | Place dans les recommandations |
|---|---|
| Létrozole | Premier choix pour déclencher l’ovulation en l’absence d’autre cause d’infertilité[3] |
| Clomifène | Deuxième option, seul ou associé à d’autres traitements[3] |
| Metformine | Peut être utilisée, mais d’autres traitements sont plus efficaces pour obtenir une ovulation[3] |
| Inositol | Considéré comme expérimental pour la fertilité : bénéfices et risques encore trop incertains[3] |
Si ces traitements ne suffisent pas, d’autres options existent, dont la PMA (insémination ou FIV selon la situation). Voir comprendre le parcours, de l’essai naturel à la PMA. Tous ces traitements nécessitent une prescription et un suivi médical.
Ces informations vous aident à comprendre et à préparer vos rendez-vous. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme : chaque situation est différente. Parlez-en avec un professionnel avant toute décision ou tout traitement.
Le SOPK s’appelle désormais SMOP. Le diagnostic repose sur 2 critères sur 3 et distingue 4 types. Avec un SMOP, l’ovulation est irrégulière, mais pas forcément absente : on peut ovuler avant même le retour des règles. L’hygiène de vie aide toutes les femmes, même sans perte de poids, et le létrozole est aujourd’hui le premier traitement pour déclencher l’ovulation.
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Questions fréquentes
SOPK et SMOP, est-ce la même chose ?
Oui. C’est la même maladie, avec un nouveau nom adopté en 2026. Les critères de diagnostic ne changent pas.[1]
Avec un SMOP, peut-on tomber enceinte naturellement ?
Oui, c’est possible, car l’ovulation est irrégulière mais pas toujours absente. Si les cycles sont très espacés, un traitement pour déclencher l’ovulation peut être proposé.[3]
Peut-on ovuler sans avoir de règles ?
Oui. L’ovulation précède les règles de 10 à 16 jours :[7] une ovulation peut donc survenir, et une grossesse commencer, avant le retour des règles.
L’inositol est-il efficace pour la fertilité ?
Les recommandations internationales le considèrent comme expérimental pour la fertilité.[3] Parlez-en à votre médecin avant d’en prendre.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- Le SOPK devient le SMOP, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. Vidal, juin 2026 (d’après le consensus publié dans The Lancet).
- Comprendre le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : définition, causes et fréquence. Assurance Maladie (ameli.fr), mis à jour le 9 juin 2026.
- International evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome 2023 — résumé des recommandations. Monash University, en partenariat avec l’ESHRE et l’ASRM.
- Evidence-based Methodology Workshop on Polycystic Ovary Syndrome — Final Panel Report. National Institutes of Health (NIH), 2012.
- Lizneva D. et al. Criteria, prevalence, and phenotypes of polycystic ovary syndrome. Fertility and Sterility, 2016;106(1):6-15.
- Polyendocrine metabolic ovarian syndrome (PMOS). NHS (service public de santé britannique).
- Periods and fertility in the menstrual cycle. NHS.
- Fertility evaluation of infertile women: a committee opinion (2021). ASRM.
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