Endométriose et fertilité : comprendre simplement, et connaître ses options
Endométriose et fertilité expliquées simplement : comment elle gêne la conception, chirurgie, insémination, FIV et douleur. D’après l’Inserm, la HAS et l’ESHRE.
Écrit et validé par le comité scientifique de Nina, le 14/10/2026
9 min de lecture · Sources citées en fin d’article
Sommaire
1. L’endométriose, c’est quoi ?
L’intérieur de l’utérus est tapissé d’une muqueuse, l’endomètre. C’est elle qui s’épaissit à chaque cycle puis s’élimine pendant les règles. Dans l’endométriose, un tissu qui ressemble à cette muqueuse se développe en dehors de l’utérus.[1] Il réagit aux hormones du cycle, ce qui peut provoquer inflammation et douleurs.
Elle concerne environ une femme sur dix en âge d’avoir des enfants.[1] On distingue trois formes selon l’endroit où se trouvent les lésions :[1]
| Forme | Où se trouvent les lésions |
|---|---|
| Superficielle | À la surface du péritoine, la fine membrane qui tapisse l’intérieur du ventre |
| Ovarienne (endométriome) | Sur l’ovaire, sous forme de kyste |
| Profonde | À plus de 5 mm sous la surface du péritoine, parfois sur d’autres organes |
2. Endométriose et fertilité : les chiffres
- Environ 30 à 40 % des femmes atteintes d’endométriose ont des difficultés à concevoir. La majorité n’en a donc pas.[1]
- Les chances de grossesse par cycle sont estimées entre 2 et 10 %, contre 25 à 30 % chez les couples sans difficulté.[1]
Avoir une endométriose ne veut donc pas dire ne pas pouvoir avoir d’enfant. Cela peut vouloir dire que cela prendra plus de temps, ou qu’une aide médicale sera utile.
3. Comment l’endométriose peut gêner une grossesse
Plusieurs explications sont avancées par les chercheurs. Elles ne sont pas toutes démontrées et ne concernent pas toutes les femmes :[1]
| En mots simples | Ce qui se passe |
|---|---|
| Un obstacle sur le chemin | Des lésions ou des kystes peuvent gêner les trompes, là où l’ovocyte et les spermatozoïdes se rencontrent |
| Moins d’ovocytes en réserve | L’endométriose de l’ovaire peut réduire le stock d’ovocytes |
| Un milieu moins accueillant | L’inflammation dans le ventre pourrait abîmer les ovocytes et les spermatozoïdes |
| Une « nidation » plus difficile | La muqueuse de l’utérus pourrait moins bien accueillir l’embryon |
4. Comment on la diagnostique
Il n’existe pas de dépistage pour toutes les femmes : on recherche l’endométriose en cas de symptômes, comme des règles très douloureuses, des douleurs pendant les rapports ou des difficultés à concevoir.[1] Aujourd’hui, le diagnostic passe d’abord par l’examen clinique et l’imagerie (échographie, IRM). Une opération (cœlioscopie) n’est plus indispensable pour poser le diagnostic.[2]
Les nouveaux tests : un complément, pas un remplacement
De nouveaux tests, moins invasifs, viennent s’ajouter aux examens utilisés depuis des années. Le plus avancé en France est un test salivaire : il analyse dans la salive de petites molécules appelées micro-ARN, à l’aide de techniques de séquençage et d’intelligence artificielle.[4]
- Sa place : la Haute Autorité de santé le situe en troisième intention, c’est-à-dire après l’examen clinique et l’imagerie, et avant une éventuelle cœlioscopie.[4]
- Pour qui : depuis février 2025, il est pris en charge, à titre dérogatoire et temporaire (« forfait innovation »), pour des femmes de 18 à 43 ans qui ont des symptômes très évocateurs et invalidants, mais une imagerie normale ou douteuse. Il est prescrit par un gynécologue et réalisé à l’hôpital, dans les établissements participant à une étude nationale.[4]
- Ce qu’il change : un test positif oriente vers une cœlioscopie, un test négatif vers la recherche d’une autre cause aux douleurs.[4] À l’issue de l’étude, la HAS décidera d’un éventuel remboursement plus large.[4]
Et ailleurs ? Ce test salivaire est commercialisé dans une trentaine de pays. D’autres tests, à partir du sang, du sang des règles ou de la muqueuse de l’utérus, sont en cours de développement, notamment aux États-Unis, où aucun n’est encore autorisé. Les spécialistes attendent des validations sur de plus grands nombres de patientes.[5] Ces tests ne remplacent donc pas l’avis de votre gynécologue : ils peuvent compléter le diagnostic dans certaines situations.
5. Les options pour avoir un enfant
Il n’y a pas de parcours unique : le choix dépend de la forme de l’endométriose, de votre âge, de votre réserve ovarienne, de l’état des trompes, du bilan du partenaire et de vos douleurs.[3]
| Option | Ce qu’en disent les recommandations |
|---|---|
| Essai naturel | Possible, en particulier dans les formes légères, avec un suivi médical |
| Chirurgie | Dans les formes légères, elle peut améliorer les chances de grossesse.[2] Sur un kyste de l’ovaire, elle peut réduire la réserve d’ovocytes,[3] et l’opérer dans le seul but d’améliorer les résultats d’une FIV n’est pas recommandé[3] |
| Stimulation des ovaires et insémination (IIU) | Peut être proposée dans les formes légères à modérées[2][1] |
| FIV | Proposée notamment quand les trompes sont atteintes, dans les formes profondes, en cas de facteur masculin associé ou après l’échec d’autres traitements[2][3] |
| Préservation de la fertilité | À discuter avec vous avant une chirurgie d’un kyste de l’ovaire[3] |
Un point souvent mal compris : un traitement hormonal pour « mettre l’endométriose au repos » n’est pas recommandé dans le seul but d’améliorer les chances de grossesse.[2] Pour comprendre les différentes techniques, voir comprendre le parcours, de l’essai naturel à la PMA.
6. Douleur et projet de grossesse
Les traitements hormonaux utilisés contre la douleur agissent souvent en supprimant les règles. Ils sont donc difficiles à concilier avec un essai de grossesse. Quant aux anti-inflammatoires, leur prise au long cours n’est pas recommandée, en raison de leurs effets sur l’estomac et les reins.[3]
Le bon réflexe : ne pas gérer seule. Discutez avec votre médecin d’une stratégie qui tienne compte à la fois de vos douleurs et de votre projet d’enfant. L’hygiène de vie peut aussi vous aider à vous sentir mieux : voir les petits gestes qui comptent.
7. Se faire accompagner
Vivre avec la douleur et un projet d’enfant qui tarde est lourd. Les associations de patientes, comme EndoFrance, proposent information et soutien. Un accompagnement psychologique fait aussi partie du soin.
Ces informations vous aident à comprendre et à préparer vos rendez-vous. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme : chaque situation est différente. Parlez-en avec un professionnel avant toute décision ou tout traitement.
L’endométriose touche une femme sur dix, et la majorité d’entre elles n’ont pas de difficulté à concevoir. Quand c’est le cas, plusieurs options existent : essai naturel suivi, chirurgie, insémination ou FIV. Le choix dépend de votre situation et se construit avec votre médecin.
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Questions fréquentes
Peut-on tomber enceinte naturellement avec une endométriose ?
Oui. La majorité des femmes atteintes n’ont pas de difficulté à concevoir. Environ 30 à 40 % en ont.[1]
Faut-il se faire opérer avant d’essayer d’avoir un enfant ?
Pas systématiquement. Cela dépend de la forme de la maladie, de vos douleurs et de votre réserve ovarienne. Opérer un kyste de l’ovaire peut réduire la réserve d’ovocytes.[3]
La FIV est-elle obligatoire en cas d’endométriose ?
Non. Selon la situation, un essai naturel, une chirurgie ou une insémination peuvent être proposés avant.[2]
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- Endométriose — Dossier d’information. Inserm.
- Becker C.M. et al. ESHRE guideline: endometriosis. Human Reproduction Open, 2022.
- Prise en charge de l’endométriose — Recommandations pour la pratique clinique. Haute Autorité de santé (HAS) et CNGOF, 2017.
- Endométriose : prise en charge du test salivaire sous certaines conditions. Vidal, février 2025 (d’après l’arrêté du 6 février 2025 et l’avis de la HAS).
- New noninvasive endometriosis tests are on the rise. MIT Technology Review, octobre 2025.
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