Fertilité masculine : pourquoi et comment la tester, et comment lire un spermogramme
Fertilité masculine : pourquoi tester l’homme dès le début, comment lire un spermogramme (normes OMS 2021), quelles options et ce que change l’hygiène de vie.
Écrit et validé par le comité scientifique de Nina, le 14/10/2026
7 min de lecture · Sources citées en fin d’article
Sommaire
1. Pourquoi tester l’homme dès le début
Les recommandations sont claires : les deux partenaires doivent être évalués en même temps, dès le premier bilan.[2] En France, le spermogramme fait partie du bilan de première intention, avec une spermoculture, qui recherche une infection.[3] C’est un examen simple et non invasif. Attendre la fin du bilan de la femme fait perdre des mois.
Il y a aussi un enjeu de santé : certaines anomalies du sperme sont associées à d’autres problèmes de santé chez l’homme, qui méritent d’être explorés.[2]
2. Le spermogramme : ce qu’on mesure
Les résultats sont comparés aux valeurs de référence de l’Organisation mondiale de la santé (6e édition, 2021).[4]
| Paramètre | Ce que ça mesure | Seuil de référence OMS 2021 |
|---|---|---|
| Volume | La quantité de sperme éjaculé | 1,4 mL |
| Concentration | Le nombre de spermatozoïdes par millilitre | 16 millions/mL |
| Nombre total | Le nombre de spermatozoïdes dans l’éjaculat | 39 millions |
| Mobilité totale | La part de spermatozoïdes qui bougent | 42 % |
| Mobilité progressive | La part qui avance réellement | 30 % |
| Vitalité | La part de spermatozoïdes vivants | 54 % |
| Morphologie | La part de spermatozoïdes de forme « typique », selon des critères très stricts | 4 % |
Comment lire ces seuils : ce sont des repères. Un résultat en dessous signale qu’il faut aller plus loin, il ne veut pas dire « stérile ». L’OMS rappelle d’ailleurs qu’un spermogramme ne peut jamais, à lui seul, confirmer la fertilité d’un homme : c’est le couple, et non une personne seule, qui est dit fertile ou infertile.[5]
3. Comprendre les termes du compte rendu
| Terme | En mots simples |
|---|---|
| Oligozoospermie | Moins de spermatozoïdes que le seuil de référence |
| Asthénozoospermie | Des spermatozoïdes qui avancent moins bien |
| Tératozoospermie | Moins de spermatozoïdes de forme typique |
| Azoospermie | Aucun spermatozoïde dans l’éjaculat |
Ces anomalies peuvent être isolées ou associées. Leur importance s’interprète avec le médecin, en tenant compte de l’ensemble du bilan du couple.
4. Faut-il refaire l’examen ?
- Si le résultat est normal et que rien d’autre n’oriente vers un problème masculin, il n’est pas recommandé de le refaire.[3]
- Si le résultat est anormal, il est conseillé de faire au moins deux spermogrammes, idéalement à au moins un mois d’intervalle, car les résultats varient d’un prélèvement à l’autre.[2]
5. Les options si le résultat est anormal
La suite dépend du type et de l’importance de l’anomalie, et du bilan de la partenaire :
- Rechercher une cause : un bilan médical de l’homme, parfois avec un urologue ou un andrologue, peut identifier une cause qui se traite.[2]
- L’insémination intra-utérine (IIU) : on dépose des spermatozoïdes préparés au laboratoire directement dans l’utérus.
- La FIV avec ICSI : un spermatozoïde est injecté directement dans chaque ovocyte. Elle est surtout utilisée quand les spermatozoïdes sont peu nombreux ou peu mobiles.
- En cas d’azoospermie : un prélèvement chirurgical de spermatozoïdes dans le testicule peut parfois être proposé. Le recours à un don de spermatozoïdes est une autre possibilité.
Pour comprendre ces techniques, voir comprendre le parcours, de l’essai naturel à la PMA.
6. Hygiène de vie : ce que l’on sait vraiment
Soyons honnêtes : les données sur l’effet précis de chaque habitude sur le sperme restent limitées.[2] Ce que l’on peut dire :
- Tabac et cannabis : leur arrêt est recommandé dans le cadre d’un projet de grossesse.[3]
- Stéroïdes anabolisants (utilisés en musculation) : ils freinent la production de spermatozoïdes.[2]
- Perturbateurs endocriniens : une altération de la qualité du sperme fait partie de leurs effets suspectés.[6] Réduire l’exposition est une précaution simple.
- Alimentation équilibrée et activité physique : recommandées pour les deux partenaires.[3]
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Ces informations vous aident à comprendre et à préparer vos rendez-vous. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin : chaque situation est différente. Parlez-en avec un professionnel avant toute décision ou tout traitement.
Un facteur masculin est en jeu dans environ un couple sur deux. Le spermogramme se fait dès le début, en même temps que le bilan de la femme. Un résultat sous les seuils ne veut pas dire « stérile » : il oriente vers des examens et, si besoin, vers la technique adaptée.
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Questions fréquentes
Quand l’homme doit-il faire un spermogramme ?
Dès le début du bilan, en même temps que sa partenaire.[2][3]
Un spermogramme anormal veut-il dire qu’on ne pourra pas avoir d’enfant ?
Non. Un résultat sous les seuils signale qu’il faut aller plus loin, pas une stérilité : selon l’OMS, c’est le couple, et non une personne seule, qui est dit fertile ou infertile.[5] Des solutions existent selon le type d’anomalie.
Combien de temps faut-il pour que les spermatozoïdes se renouvellent ?
Environ 74 jours, soit environ deux mois et demi.[7] Un changement d’habitudes peut donc se refléter sur un spermogramme fait deux à trois mois plus tard.
Faut-il refaire un spermogramme normal ?
Non, s’il n’y a pas d’autre élément évocateur.[3] Un résultat anormal doit en revanche être contrôlé.[2]
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- Fertility evaluation of infertile women: a committee opinion (2021). ASRM.
- Diagnosis and treatment of infertility in men: AUA/ASRM guideline (2020, amendé en 2024). American Urological Association et ASRM.
- Sonigo C. et al. Prise en charge de première intention du couple infertile : mise à jour des RPC 2010 du CNGOF. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2024.
- WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6th edition. OMS, 2021.
- WHO launches updated manual to ensure high quality testing of human semen. OMS, juillet 2021.
- Perturbateurs endocriniens — Dossier d’information. Inserm.
- Perrard M.-H. et al. Complete Human and Rat Ex Vivo Spermatogenesis from Fresh or Frozen Testicular Tissue. Biology of Reproduction, 2016;95(4):89 (équipe Inserm U1208, Lyon).
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