Congélation des ovocytes : pour qui, à quel âge, comment ça se passe et combien ça coûte
Depuis 2021, toute femme peut faire congeler ses ovocytes en France sans raison médicale, pour préserver ses chances d’avoir un enfant plus tard. La demande explose : plus de 15 000 demandes ont été enregistrées en 2024. Voici qui peut y avoir accès, comment se passe la démarche, ce qu’elle coûte et ce qu’elle permet réellement d’espérer.
Écrit et validé par le comité scientifique de Nina, le 27/10/2026
10 min de lecture · Sources citées en fin d’article
En France, toute femme peut faire congeler ses ovocytes sans raison médicale de 29 ans à la veille de ses 37 ans, dans un centre public ou privé à but non lucratif.[1] Les actes sont pris en charge par l’Assurance Maladie ; la conservation coûte 37,50 € par an.[1] L’objectif est de 10 à 15 ovocytes, et il faut compter plus d’un an d’attente : 13 mois en moyenne avant le premier rendez-vous en 2024,[1] et jusqu’à deux ans dans de nombreux centres.[3]
Sommaire
- Congélation médicale ou sans raison médicale : quelle différence ?
- Qui peut congeler ses ovocytes, et à quel âge ?
- Comment se passe une congélation d’ovocytes ?
- Combien coûte la congélation des ovocytes ?
- Combien de temps faut-il attendre pour congeler ses ovocytes ?
- Quelles sont les chances d’avoir un enfant avec des ovocytes congelés ?
- Questions fréquentes
1. Congélation médicale ou sans raison médicale : quelle différence ?
L’autoconservation pour raison médicale concerne les personnes dont la fertilité risque d’être altérée par un traitement (chimiothérapie, chirurgie des ovaires) ou par une maladie, comme une endométriose sévère (voir endométriose et fertilité). Elle concernait 4 621 personnes en 2023.[2]
L’autoconservation sans raison médicale, ouverte par la loi de bioéthique de 2021, permet de différer un projet d’enfant. Elle a concerné 3 645 femmes en 2023, contre 1 759 en 2022.[2] C’est d’elle que parle surtout cet article.
2. Qui peut congeler ses ovocytes, et à quel âge ?
| Règle | Ce que dit la loi |
|---|---|
| Âge pour le prélèvement | À partir de 29 ans et jusqu’à la veille du 37e anniversaire[1][3] |
| Âge limite pour utiliser les ovocytes | Jusqu’au 45e anniversaire[1] |
| Conditions | Ouverte à toutes les femmes, en couple ou non, sans justification médicale[1] |
| Où | Uniquement dans les centres autorisés : CHU et établissements privés à but non lucratif. Les cliniques privées à but lucratif ne sont pas autorisées à ce jour.[1] |
Ces limites suivent une réalité biologique : le stock de follicules s’épuise progressivement avec l’âge, et la qualité des ovocytes baisse.[1] Les chances de naissance dépendent donc surtout de l’âge au moment de la congélation.[1] Pour comprendre ce lien, voir âge et fertilité féminine : les vrais chiffres.
L’équipe évalue aussi votre réserve ovarienne (dosage de l’AMH et comptage des follicules à l’échographie) avant d’accepter la démarche.[1] Ces examens sont détaillés dans analyses de fertilité : lesquelles faire, et dans quel ordre.
3. Comment se passe une congélation d’ovocytes ?
- Une première consultation au centre, avec un bilan (AMH, échographie, prises de sang) et un entretien d’information.[1]
- Une stimulation ovarienne par injections d’hormones, avec une surveillance par échographies et prises de sang, comme pour une FIV.
- La ponction des ovocytes, par voie vaginale et sous anesthésie.
- La vitrification : les ovocytes matures sont congelés très rapidement et conservés dans l’azote liquide.
Le déroulé de la stimulation et de la ponction est le même que pour une FIV : voir FIV étape par étape. Il faut souvent 1 à 3 cycles pour atteindre l’objectif de 10 à 15 ovocytes recommandé.[1]
Le bon moment, la stimulation, la façon d’en parler autour de vous : une sage-femme peut répondre à vos questions pratiques, une psychologue vous aider à réfléchir à votre projet. Posez votre question à une sage-femme ou une psychologue de Nina dans la messagerie.
4. Combien coûte la congélation des ovocytes ?
En France, l’Assurance Maladie prend en charge les actes médicaux (consultations, stimulation, ponction).[1] La conservation reste à votre charge : 37,50 € par an.[1]
Et à l’étranger ? La congélation des ovocytes se pratique aussi dans d’autres pays, notamment en Europe (Espagne, Belgique, Grèce, République tchèque…), souvent avec des délais plus courts. N’hésitez pas à vous renseigner et à comparer les centres : conditions d’âge, tarifs, nombre de cycles conseillés, frais de conservation.
Une prise en charge partielle par l’Assurance Maladie peut être possible pour des soins programmés dans un pays de l’Union européenne, sur la base des tarifs français et parfois après un accord préalable (formulaire européen S2), demandé auprès du Centre national des soins à l’étranger (CNSE).[4] Les conditions dépendent de votre situation : vérifiez-les auprès de votre CPAM avant de partir. Le transfert ultérieur des ovocytes vers un centre français est aussi encadré : renseignez-vous auprès d’un centre français avant de vous engager.
5. Combien de temps faut-il attendre pour congeler ses ovocytes ?
C’est aujourd’hui le principal frein. En 2024, 15 550 demandes ont été enregistrées pour 5 127 autoconservations réalisées.[1] Selon l’Agence de la biomédecine, le délai moyen avant la première consultation a atteint 13 mois en 2024, contre 10 en 2023.[1] Le gouvernement évoque 14 mois en moyenne, et jusqu’à deux ans dans de nombreux centres.[3] Les délais varient fortement d’un centre à l’autre.
Conséquence directe : 59 % des premières consultations concernent des femmes de 35 à 37 ans,[1] proches de la limite d’âge. Si vous y pensez, prenez contact avec un centre tôt, quitte à décider plus tard. Et profitez de ce temps pour transformer l’attente passive en attente active : alimentation, sommeil, activité physique, gestion du stress, sans vous surcharger, simplement ce qui est adapté pour vous. Voir plan fertilité en 90 jours. Et si un projet d’enfant est déjà en cours, voir plutôt essai naturel ou PMA : les étapes du parcours.
Le nombre de centres augmente : environ 70 étaient autorisés fin 2025, et l’ouverture aux cliniques privées à but lucratif doit être étudiée lors de la révision de la loi de bioéthique prévue en 2028.[3]
6. Quelles sont les chances d’avoir un enfant avec des ovocytes congelés ?
Entre 80 et 95 % des ovocytes vitrifiés survivent à la décongélation.[1] Ensuite, les chances de naissance dépendent surtout de l’âge au moment de la congélation et du nombre d’ovocytes conservés. D’après une étude espagnole citée par Vidal :[1]
| Nombre d’ovocytes conservés | Congélation avant 35 ans | Congélation après 35 ans |
|---|---|---|
| 10 ovocytes | Environ 40 % de chances de naissance | Environ 25 % |
| 15 ovocytes | Environ 70 % | Environ 38 % |
Ces chiffres sont des moyennes. La congélation n’apporte aucune garantie d’avoir un enfant :[1] elle augmente les chances par rapport à ce qu’elles seraient plus tard avec des ovocytes plus âgés. Les ovocytes congelés serviront dans une FIV avec ICSI le moment venu.
Ces informations vous aident à comprendre et à préparer vos rendez-vous. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme : chaque situation est différente. Parlez-en avec un professionnel avant toute décision ou tout traitement.
En France, la congélation des ovocytes sans raison médicale est possible de 29 ans à la veille de 37 ans, dans un centre public ou privé non lucratif. Les actes sont pris en charge ; la conservation coûte 37,50 € par an. L’objectif est de 10 à 15 ovocytes, souvent en 1 à 3 cycles. L’attente dépasse un an, et jusqu’à deux ans dans certains centres : mieux vaut prendre contact tôt, ou se renseigner sur les centres à l’étranger. La congélation augmente les chances, sans garantie.
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Questions fréquentes
À quel âge peut-on congeler ses ovocytes en France ?
Sans raison médicale, de 29 ans jusqu’à la veille du 37e anniversaire. Les ovocytes peuvent ensuite être utilisés jusqu’au 45e anniversaire.[1]
Combien coûte la congélation des ovocytes ?
Les actes médicaux sont pris en charge par l’Assurance Maladie. La conservation coûte 37,50 € par an, à votre charge.[1]
Combien d’ovocytes faut-il congeler ?
L’objectif habituel est de 10 à 15 ovocytes, ce qui demande souvent 1 à 3 stimulations.[1]
Combien de temps faut-il attendre pour congeler ses ovocytes ?
En moyenne 13 mois avant le premier rendez-vous en 2024 selon l’Agence de la biomédecine, 14 mois selon le gouvernement, et jusqu’à deux ans dans de nombreux centres.[1][3]
La congélation garantit-elle une grossesse ?
Non. Elle augmente les chances par rapport à une tentative plus tardive. Avec 15 ovocytes congelés avant 35 ans, les chances de naissance sont d’environ 70 %.[1]
Vous ne trouvez pas votre réponse ? Posez votre question à une professionnelle de Nina dans la messagerie.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- L’autoconservation ovocytaire non médicale : différer sans renoncer. Vidal, 9 juin 2026.
- Rapport médical et scientifique 2023 : assistance médicale à la procréation. Agence de la biomédecine, septembre 2025.
- Question orale n° 465 sur les délais d’accès à l’autoconservation des ovocytes, et réponse du gouvernement. Assemblée nationale, réponse publiée le 10 décembre 2025.
- Réponse de l’équipe ameli sur la prise en charge de soins programmés dans l’Union européenne (formulaire S2, CNSE). Forum des assurés ameli, 27 janvier 2025.
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