Suis-je infertile ? Quand consulter un spécialiste
Un an d’essais, six mois après 35 ans, plus vite après 40 ans : voici quand consulter, quels signes ne doivent pas attendre et par quels examens commencer.
Écrit et validé par le comité scientifique de Nina, le 23/09/2026
7 min de lecture · Sources citées en fin d’article
Sommaire
1. Ce que veut dire « infertilité »
L’Organisation mondiale de la santé définit l’infertilité comme l’absence de grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés.[1] C’est une situation fréquente : selon l’OMS, environ une personne sur six en âge de procréer y est confrontée au cours de sa vie.[1]
En France, environ un couple sur huit consulte pour des difficultés à concevoir.[2] Même sans aucun problème, la probabilité de grossesse à chaque cycle n’est que de 20 à 25 % environ.[2] Plusieurs mois d’essai sont donc normaux.
Poser ce mot sert à une chose : ouvrir l’accès à un bilan structuré. Il ne dit rien de vos chances futures. L’âge pèse fortement sur l’urgence, comme l’explique notre article sur l’âge et la fertilité.
2. Combien de temps essayer avant de consulter
| Votre situation | Quand consulter | Source |
|---|---|---|
| Femme de moins de 35 ans | Après 12 mois d’essais sans grossesse | CNGOF 2022[3] |
| Femme de 35 ans ou plus | Après 6 mois d’essais sans grossesse | CNGOF 2022[3], ASRM 2021[4] |
| Femme de plus de 40 ans | Évaluation plus rapide, sans attendre 6 mois | ASRM 2021[4] |
| Deux fausses couches (grossesses arrêtées) ou plus | Bilan spécifique (distinct du bilan d’infertilité) | ESHRE 2022[5] |
| Cycles absents ou très irréguliers, pathologie connue (endométriose, trompes, facteur masculin) | Sans attendre le délai standard | ASRM 2021[4] |
3. Les signes qui justifient de consulter sans attendre
- Règles absentes ou très irrégulières : signe possible de troubles de l’ovulation, dont le SMOP (ex-SOPK).[4]
- Règles très douloureuses ou douleurs pendant les rapports : à explorer, notamment pour une endométriose.[4]
- Antécédent d’infection génitale, de chirurgie pelvienne ou de grossesse extra-utérine : risque d’atteinte des trompes.[4]
- Plusieurs fausses couches : voir notre guide sur les fausses couches à répétition.
- Antécédents chez le partenaire (chirurgie testiculaire, traitement lourd, spermogramme anormal).
4. Le premier bilan : pour les deux partenaires
Un facteur masculin contribue à l’infertilité dans environ la moitié des couples.[4] Le bilan commence donc en même temps pour les deux. Le spermogramme fait partie du bilan de première intention.[3]
Chez la femme, les recommandations françaises prévoient notamment une échographie avec compte des follicules antraux et une évaluation de la perméabilité des trompes.[3] Le détail et l’ordre des examens sont dans notre article quelles analyses faire et dans quel ordre.
Votre médecin traitant ou votre gynécologue peut prescrire ces premiers examens, puis vous orienter vers un centre spécialisé si besoin.
5. Idées reçues
« Si ça ne marche pas, le problème vient de moi. »
Faux dans la moitié des cas environ : un facteur masculin est présent chez environ 50 % des couples infertiles.[4]
« Tous les bilans reviennent normaux, donc il n’y a rien à faire. »
Une infertilité reste inexpliquée dans 10 à 25 % des cas malgré un bilan complet.[2] Des options de traitement existent quand même.
« Il faut avoir des rapports tous les jours. »
Des rapports tous les 1 à 2 jours pendant la fenêtre fertile donnent les meilleurs taux, mais 2 à 3 rapports par semaine donnent des résultats proches. La position pendant le rapport n’a aucun effet démontré.[6]
6. Plan d’action immédiat
- Cette semaine : notez la durée de vos 3 derniers cycles.
- Repérez votre fenêtre fertile : elle dure 6 jours et se termine le jour de l’ovulation. Les chances sont maximales 1 à 2 jours avant l’ovulation.[6] Des tests d’ovulation urinaires peuvent aider à la situer.
- Selon votre âge et votre durée d’essai (tableau ci-dessus) : prenez rendez-vous.
- Préparez le rendez-vous : historique des cycles, antécédents médicaux et chirurgicaux des deux partenaires, traitements en cours.
- En attendant le rendez-vous : démarrez notre plan d’action en 90 jours.
L’infertilité se définit après 12 mois d’essais, ou 6 mois à partir de 35 ans. Le bilan concerne les deux partenaires dès le départ. Après 40 ans, n’attendez pas.
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Questions fréquentes
J’ai 32 ans et j’essaie depuis 8 mois. Dois-je attendre 12 mois ?
Avant 35 ans, la recommandation est de consulter après 12 mois.[3] Si vos cycles sont irréguliers, si vous avez des douleurs ou un antécédent connu, consultez dès maintenant.[4]
Mon partenaire doit-il faire un spermogramme ?
Oui, dès le début. C’est un examen de première intention recommandé en France,[3] et un facteur masculin est présent chez environ un couple infertile sur deux.[4]
Que veut dire « infertilité inexpliquée » ?
Les examens standards sont normaux, mais la grossesse ne survient pas. Cela concerne 10 à 25 % des couples.[2] Votre médecin discutera avec vous des options.
Cet article informe et ne remplace pas une consultation médicale.
Sources
- Infertility — Fact sheet. Organisation mondiale de la santé (OMS).
- Infertilité — Dossier d’information. Inserm.
- Sonigo C., Robin G., Boitrelle F. et al. Prise en charge de première intention du couple infertile : mise à jour des RPC 2010 du CNGOF. Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2024;52(5):305-335.
- Fertility evaluation of infertile women: a committee opinion (2021). American Society for Reproductive Medicine (ASRM).
- ESHRE guideline: recurrent pregnancy loss: an update in 2022. Human Reproduction Open, 2023.
- Optimizing natural fertility: a committee opinion (2022). ASRM.
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